lundi 29 août 2011

Immodesty Blaize : La Venus de la féminité

    Générosité, exubérance, grandeur et enfin un air qui ne cesse de revenir à mon esprit : celui de la danse des chevaliers composé par Sergei Prokofiev, fameux compositeur russe connu pour son large répertoire allant de la symphonie au concerto, tout en passant par l'opéra, le ballet et enfin, la musique de film. Grandiose, sombre, et surtout tellement dramatique que uniquement en l'écoutant on réussit à ressentir tout le côté tragique de l'histoire de Roméo et Juliette. Ce n'est donc pas pour rien que la danse des chevalier est le thème principal de cette oeuvre que Prokofiev a emprunté à Shakespeare. En reprenant cette musique dans son spectacle, Immodesty Blaize m'a tout simplement impressionnée car elle a réussi à se l'approprier complètement. Je vous laisse juger par vous-même :



  Burlesque cheval par leonowens


    De l'oeuvre de Prokofiev, elle a repris le côté dramatique (j'entends par-là le côté théatral) et grandiose afin de nous montrer une femme forte. Si vous avez bien regardé la vidéo, vous noterez qu'à la fin du show elle jette un regard à son public qui signifie pour moi : "Je suis toute-puissante, admirez-moi, je représente la féminité dans toute sa puissance." Bref une autosatisfaction, une aisance et une confiance en elle telles qu'Immodesty fait presque figure de superhéroïne.

    Plus jeune, je lisais sous le lit de mes parents les aventures de Modesty Blaise. Femme aux origines et au passé inconnus devenue une sorte d'espionne aventurière au charme mystérieux et maitrisant les arts martiaux, pour faire court la parfaite va-va voom woman* : passionnante, forte et  sexuellement attrayante.  Ah pourquoi je lisais ses aventures sous le lit de mes parents vous vous demandez? Tout simplement parce que j'avais bien compris le côté érotique qu'il y avait dans cette bande dessinée...et puis me cacher c'était marrant, ça me donnait l'impression que j'étais un peu Modesty. Mais revenons à Immodesty! Lorsque je l'ai vu pour la première fois j'ai cru revoir une réincarnation de cette héroïne qui a marqué mon enfance : le même visage, la même "va-va voom attitude".

Immodesty Blaize...
...et son alter ego Modesty Blaise
  
        
     Cependant Immodesty se dissocie de son alter ego Modesty tout simplement par le choix de son nom, elle a en effet choisi d'être totalement indécente (immodest en anglais) et surtout burlesque. Indécente car elle incarne la sexualité féminine sans aucun complexe après tout comme elle le dit elle-même : "I am a stripper" ; et burlesque car elle n'oublie pas de faire rire son public car cet art est avant tout dérision (regardez son visage pour comprendre ce que je dis).





    Je conclurai en une expression : "Be va-va voom! ça vous aidera à décomplexer!"

Shug'A'Very

* Va-va-voom : c'est d'abord une onomatopée anglaise mimant le bruit des moteurs des belles voitures des années 50-60, par extension l'onomatopée est devenue expression définissant une femme à la sexualité exacerbée (mais sans tomber dans la vulgarité!).
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jeudi 25 août 2011

Urban Moments - Beginnings





Selon la très célèbre citation de Coco Chanel, « il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue ». C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que ce ne sont plus les créateurs et stylistes qui ont seuls le monopole des tendances. Et certaines personnes, l’ayant bien compris, ont décidé d’aller chercher l’inspiration directement dans la rue et à la sortie des défilés plutôt que sur les podiums eux-mêmes ; de John Cunnigham le pionnier à Scott Schumann, the sartorialist, en passant par tous les bloggers mode y compris Incognito.

Le style étant le parfait équilibre entre les tendances et la touche personnelle, il est intéressant de voir comment les codes du monde de la mode se traduisent dans le monde réel, comment s’effectue le passage des tendances des podiums à la rue, comment les autres mixent les tendances avec leur propre style.

Pour ce premier post street style, j’ai mis mon Coolpix P500 autour du cou et Shug'A'Very et moi avons silloné les rues de Bordeaux à la recherche de ce parfait équilibre.
C’est dans le quartier St Pierre que j’ai aperçu Thi Thao Quynh. J’ai d’abord voulu «capturer le moment» avant de vaincre la timidité inhabituelle qui m’envahit toujours à ce moment et qui me rappelle que je suis loin d’être une photographe professionnelle.


Shug et moi avons ensuite attendu qu’elle termine son appel pour lui expliquer notre démarche et lui demander de poser, ce qu’elle a accepté de faire non sans surprise mais avec un sourire. Intriguées par ses origines, nous lui avons demandé d’où elle venait. Elle nous a répondu qu’elle venait du Viet Nam. Elle a ensuite rapidement mis la carte de visite que nous lui avions tendue dans sa poche arrière et a filé sur son BMX. Quelle fut donc notre surprise lorsque le soir même nous avons reçu un e-mail de sa part s’excusant d’avoir été si pressée et qualifiant notre rencontre de « sympathique ». Sentiment partagé !

Thi Thao Quynh

Ce qui a attiré notre regard dans le look de Thi Thao Quynh c’est d’abord l’allure un peu boyish crée par le bonnet, stylé été comme hiver, le BMX et les bottines plates ainsi que les couleurs foncées. Puis de plus près nous avons apprécié sa montre qui ressemble à une montre digitale vintage Nixon.



Les jupes longues sont très tendances en ce moment. La longueur de celle-ci est parfaite puisqu'elle s'arrête aux chevilles pour laisser voir une paires de sandales peep toes à talons. Aussi, le denim de la chemise va très bien avec le nude de la jupe.



Les couleurs qu'il a choisies se marient très bien (tons de bleu et de marron). On aime la veste en jean, le foulard et les chaussures en cuir marron (achetées au Printemps de Paris)


Nicolas

Collier clé qu'il m'a dit avoir fabriqué lui même. Il a acheté la clé dans une quincallerie, d'où sa forme travaillée, et y ajouté un anneau pour y faire passer une chaîne.

Absolute B.
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mardi 23 août 2011

Les pieds de bébé

     
Chaussures Lulu Castagnette
                             

         
Chaussures Nike 







  
 « C’est trop mignon ! » Voilà la première réaction de tout le monde face à une paire de chaussures pour bébés. La petite taille, le modèle réduit d’une réalité adulte rendent ces objets particulièrement attendrissants aux yeux des parents. Qui ne s’est jamais extasié devant un modèle de tongs en pointure 17 ou des mini nu-pieds pour les bébés filles déjà « in 
» ?

   Les marques l’ont bien compris et surfent sur la vague du succès. Si bébé doit avoir le pied bien chaussé pour ses premiers pas, ses alliés se nomment désormais Converse, Nike, Adidas, Lulu Castagnette et bien d’autres encore. Et les modèles font fureur à des prix assez élevés si l’on considère le temps où ils vont être portés. Par exemple, une paire de Nike peut aller jusqu’à coûter 55 euros aux heureux parents. Mais l’envie de les blâmer n’effleure pas grand monde : comment résister à de si beaux atours quand bébé est lui-même le plus beau bébé du monde ?

Suri Cruise

   L’interrogation morale pourra alors se tourner vers les marques fabricantes. La logique commerciale ne risque-t-elle pas d’entraîner bébé dans une instrumentalisation criticable ? Et surtout, est-ce que mode rime toujours avec qualité et donc avec sécurité ?
Quant aux parents, attention tout de même aux débordements. Sinon, c’est Suri Cruise et ses talons à 3 ans qui incarne le futur proche de bébé. Et … trop de mode tue la mode, surtout en cette période de polémique concernant les photos de modèle mineures habillées en femmes et posant de façon suggestive.
Laissons aux enfants le temps d’être des enfants.

Blondyn_Bubble
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samedi 20 août 2011

Dans sa vie antérieure, Audrey Tautou vivait sûrement dans les années folles










Vendredi dernier, alors que j’arpentais les rues de Bordeaux à la recherche de nouveaux sujets de street style, j’ai eu la surprise de tomber sur un tournage de film. Il s’agissait du tournage de Thérèse Desqueyroux, une adaptation du roman de François Mauriac avec pour acteurs principaux Audrey Tautou et Gilles Lellouche. Sa sortie est prévue pour 2012. 
La scène réelle avait lieu place Pey Berland où l’équipe du film tournait la dernière scène du roman censée se dérouler au Café de la Paix à ParisPour l’occasion, l’ensemble des acteurs et figurants avait revêtu vêtements de la fin des années 20, rétrospectivement appelées les années folles car juste avant le krach boursier. Cette période fut aussi l'âge d'or des couturiers (Chanel, Poiret, Lanvin...) et le tournage nous permet donc de revenir sur le style de cette période clé dans l'histoire de la mode.

Malgré un soleil de plomb, gavroches et costumes pour les hommes;
chapeaux cloches pour les femmes



   Le chapeau cloche était dans les années folles symbole d'élégance. Comme son nom l'indique, il est en forme de cloche et se porte enfoncé sur la tête, descendant sur le visage jusqu'aux sourcils. Il permet de mettre en valeur le visage et notamment des yeux très maquillés. Le chapeau est le plus souvent fait en feutre et orné d'un bandeau, de fleurs ou de plumes et coiffe une coupe courte (bob ou carré plongeant). 

Encore deux exemples de chapeaux cloches


Audrey Tautou, tout sourire avant une prise



Thérèse Desqueyroux de Claude Miller
Plan 144, Séquence 5, Prise 3

Bernard et Thérèse Desqueyroux lors de leur dernière discussion

  Dans sa vie antérieure, Audrey Tautou vivait sûrement dans les années folles. En effet, elle qui a déjà incarné Coco Chanel et qui est l'égérie du parfum Chanel n°5 semble personnifier le style de cette période dont les maîtres mots sont chicélégance et modernité (pour l'époque). 
  C'est d'abord parce-qu'elle porte très bien la coupe à la garçonne de mise à cette époque. Ensuite parce qu'elle porte en elle le chic à la française qui lui est naturel mais que lui a certainement aussi conféré Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, le film français de référence pour les étrangers. Enfin parce-que la silhouette des années 20 se caractérise par la minceur et la taille fine, ce qui lui correspond bien.


Uniformes de gendarmes avec bottes d'officier et ceinture à la taille


Figurants
Les femmes portent le tailleur, l'habit de ville. La jupe est souvent plissée et s'arrête juste au dessous du genou car les femmes commencent à montrer leurs jambes. Les chaussures sont le plus souvent des souliers à brides avec ou sans talons.

Le centre-ville de Bordeaux est par ailleurs l'endroit idéal pour recréer une ambiance du début du XX° siècle car son architecture historique a été conservée: bâtiments en pierres datant du XVIII° siècles, places et fontaines... La ville est donc inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Vous aurez l'occasion d'en découvrir plus lors de prochains articles.

Absolute B.



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vendredi 19 août 2011

It's all about the bass line - Manifesto Musical


Le rythme, le tempo, le beat ; ce qui nous fait taper du pied ou battre la mesure lorsque l’on entend un morceau qui nous plaît, ces vibrations qui pénètrent au plus profond de nous pour toucher notre âme et notre sensibilité. Quel que soit le genre de musique, c’est précisément ce sentiment que l’on recherche en écoutant de la musique. C’est en tout cas ma conception de la musique et ce qui définit mon jugement en matière de « bonne» ou de « mauvaise » chanson. Pour moi un « bon » morceau se résume avant tout à une bonne ligne de basse (the bassline) ou un bon rythme, avec parfois une mélodie ou une voix mais aussi à une bonne construction. Parce qu’une chanson, qu’il y ait des paroles ou non, doit raconter quelque-chose,  progresser. Aucun son ne doit être laissé au hasard.

Je ne dis pas je n’ai jamais été entraînée par le son d’un, si justement nommé selon moi, « tube » de l’été. Car son nom trahit doublement son caractère éphémère. Quel meilleur mot, utilisé pour la première fois avec ce sens par Boris Vian dans les années 50, pour désigner une chanson commerciale à succès mais qui au fond est vide de sens et n’existe que par sa forme et non son fond, qu’un tube, objet long mais creux ?

 Je tenterai donc à travers cette rubrique de m’intéresser à des « morceaux » au sens premier du terme, c'est-à-dire un fragment d’une œuvre de l’esprit, solide parce que rythmé et construit. D’ailleurs certains artistes plus connus pour leurs tubes parfois par soucis de publicité produisent aussi des morceaux ( Cold Case Love de Rihanna par exemple).
Bien sûr les sensibilités et les goûts jouent un rôle majeur. Nous avons tous des goûts différents qui font que certains seront plus sensibles à tel ou tel genre de musique, que ce soit un tube ou un morceau. Mais il est aussi possible d’ouvrir notre sensibilité à des styles différents et à des genres plus variés, plus travaillés et qui laisseront une impression plus intense que ce que l’on entend parfois à la radio. It’s all about the bass line…

Excellent morceaux de Breakbot, DJ Français avec une superbe progression
Solide ligne de basse,  bonne voix et super clip

Absolute B.
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mardi 16 août 2011

Dans la quatrième dimension - Abercrombie & Fitch






Si je devais résumer un moment de shopping dans le monde Abercrombie, je dirais « perfection et contraste »
Perfection d’une ambiance d’abord. Peu de lumière, d’immenses tableaux aux murs dans des coloris assez sombres, des jeux de transparence grâce aux escaliers en verre, des étages labyrinthiques. Oui, on est déjà loin du standard européen spacieux et ultra lumineux. 


Peintures sombres et escaliers en verre


Perfection d’un staff surtout. Uniquement des mannequins, même style de beauté, même « uniforme » qui met en valeur des corps idéaux, mêmes déhanchés pour accueillir le client en musique : le modèle Abercrombie sera le même du début à la fin. Des mannequins représentés sur les murs aux caissiers, en passant par les hôtes et hôtesses d’accueil, tous représentent la cible jeune, belle et tendance que cherche à attirer la marque. 

Ouverture du magasin Abercrombie & Fitch à Paris
19 Mai 2011 - Champs Elysées


Contraste enfin d’un mode de communication. La langue d’accueil est l’anglais. Les mannequins saluent les clients par une phrase basique « Hey what’s going on ? » avant d’adopter la langue locale pour proposer leurs services. La communication est offensive, aux caisses on vous rappelle avant tout que « We’re also on Facebook », toujours en anglais. Et si l’on a l’impression d’avoir affaire à des machines, il n’en reste pas moins que l’impression est marquante et efficace. 
Ressortir d’un magasin Abercrombie est comme atterrir de la quatrième dimension. Dépaysement, hallucination et séduction se mêlent pour former un sentiment indescriptible. Sentiment indescriptible qui nous pousse cependant à entreprendre de nouveau le voyage. Parce que le modèle est tellement différent des magasins européens que c’est une part de l’Amérique qui vient à nous. Et on sait tous que le rêve américain est vendeur, depuis toujours et sûrement pour toujours. 


Blondyn_Bubble
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samedi 13 août 2011

Le Burlesque ou comment explorer sa féminité

    De grands yeux ronds, l'air ahuri suivi d'un "mais qu'est-ce qu'elle fait là?!". C'est souvent la réaction qu'on a lorsqu'on aperçoit pour la première fois une "velina"*. Une quoi? une "velina", cette pin-up des temps modernes typique de la télévision italienne chargée de vous distraire (ou plutôt de distraire la gente masculine). Bikinis, microrobes, sourire émail diamant, et enfin belle plastique caractérisent la "velina". On aura tous bien compris que les "veline" ne sont pas de véritables pin-up, mais se rapprochent plus de la Barbie. Oui Barbie, car qu'elles soient blondes, brunes, rousses etc... elles correspondent toutes à un modèle type contrairement aux pin-up.

    Concrètement la velina on l'oublie mais pas la pin-up. Marylin Monroe et surtout Bettie Page sont restées dans l'imaginaire aussi bien masculin que féminin parce qu'au lieu de représenter un modèle, elles incarnent chacune une vision particulière de la femme et de la féminité. D'un côté, Marylin image du charme, du glamour et de la sensualité; de l'autre Bettie figure à la fois de la candeur et de la malice. Voilà l'explication de notre fascination à leur égard! Au-delà de leur beauté, elles ont chacune une façon unique d'exprimer leur féminité.


Marylin Monroe

Bettie Page


   Que l'expression de notre féminité soit multiple, les artistes de burlesque l'ont bien compris. Petites culottes, soutien-gorges, corsets et surtout pasties (les fameux cache-tétons!) font partie des accessoires principaux des performers. Mais si le burlesque est connu pour un être un strip-tease, c'est dabord un spectacle. Eh oui! Cet art allie  musique, sketch, danse et enfin détail le plus important : mise en scène. Le genre tire en effet ses origines d'une forme théâtrale née à Londres au XIXème se caractérisant par la satire légère et ironique de la société de l'époque. C'est cet élément ironique toujours présent aujourd'hui qui a fait du burlesque ce que nous en connaissons maintenant : une mise en scène ironique d'un strip-tease.

    Reines de la mise en scène, j'ai nommé Sally Rand** et Lili St Cyr, car créatrices de numéros faits pour suggérer plus que montrer. La première créa la "fan dance"    qui consistant à agiter d'énormes éventails en plumes d'autruche tout en dansant et faisant croire au public qu'il en voyait plus qu'il ne pensait. N'oublions pas que la censure dans les années 30 et jusqu'aux années 60 était de mise aux USA! Alors pour y remédier Sally Rand trouva ce subterfuge pour cacher son corps, qui n'était pourtant pas si dénudé que ça(un body couleur chair aura suffi pour tromper le public!). La seconde quant à elle, créa le fameux "bubble bath" que Dita Von Teese a savamment repris à sa manière lorsqu'elle joue dans son gigantesque verre de martini (un numéro d'abord imaginé par Catherine D'Lish dans son gigantesque verre de champagne).


Lili St Cyr

Sally Rand
   


    Autre reine du burlesque, j'ai nommé Gypsy Rose Lee. C'est à elle que les performers doivent les bases et les règles de leurs shows. Il n'est donc pas étonnant qu'elle soit aussi connue comme "The Intellectual Stripper". En effet, Gypsy Rose Lee, fut une de ces artistes qui a su à sa manière retourner aux origines du burlesque : durant ses shows elle récitait des poésies ou faisait des sketchs tous écrits de sa main tout en se déshabillant ou PAS! Voilà où résidait sa force, dans sa capacité à captiver son public à tel point que pendant certains shows elle n'enlevait même pas un gant. C'est pourquoi elle est considérée comme une icône pour un grand nombre des artistes de burlesque aujourd'hui.

Gypsy Rose Lee

    Je citerai enfin Satan's Angel, non pas pour la mise en scène mais pour montrer que le burlesque peut aussi être considéré comme un mouvement qui a permis à la femme d'évoluer dans la société : "Dans les années 50 et 60, les femmes n'avaient pas beaucoup de choix sur ce qu'elles pouvaient faire une fois adultes. Elles pouvaient devenir mère, femme au foyer, agent de vente ou travailler en usine [...] Le burlesque pour moi n'a rien à voir avec l'empowerment de la femme. Dans mon cas ça a été tout pour l'argent. Lorsque j'avais 25 ans j'avais une maison dont j'étais la propriétaire, énormément d'argent sur mon compte, une nouvelle Cadillac chaque année...je n'aurai jamais rien eu de tout cela si j'avais continué le travail que je faisais avant où j'étais payée 99$ par semaine." 





     A chacun son point de vue, mais en ce qui me concerne, si pour Satan's Angel le burlesque n'a rien à voir l'empowerment de la femme, je vois en ce mouvement une possibilité pour la femme de ne plus être objet mais sujet, et en conséquence d'avoir conscience de son pouvoir de séduction et de savoir en jouer. Pas d'empowerment mais Satan's Angel nous décrit une femme moderne, indépendante, et enfin avant-gardiste par rapport aux moeurs de son temps. Mais attention à ne pas classer le burlesque dans le féminisme! C'est un mouvement bien à part car très peu de ses artistes se sont revendiquées du féminisme, si Satan's Angel est devenue ainsi à 25 ans c'est grâce à la scène et non au fait de descendre dans les rues manifester  pour obtenir plus de droits en tant que femme. Et pour vous c'est quoi être femme?

Burlesquement vôtre,


Shug'A'Very.

*ps : la velina en quelques mots c'est la nouvelle potiche de la télévision, même là où on s'y attend le moins elle est là (ouais même durant les programmes un peu culturels il y a du bikini dans l'air) . Je crois qu'en France nous sommes sur la voie : nous avons Victoria Silvstedt (qui est aussi sur la télévision italienne étrangement...).


**ps : la vraie créatrice de la fan dance fut Faith Bacon mais j'ai préféré parler de Sally Rand car c'est elle qui en a élevé le niveau et l'a rendue mythique.

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mardi 9 août 2011

Le style du pouvoir et le pouvoir du style

   Ioulia Timochenko. Le nom ne vous dit rien et pourtant, en matière de mode, elle a beaucoup à dire. A 50 ans, l’ex premier ministre ukrainienne affirme un style marqué, dont l’impact se répercute dans le milieu de la mode internationale.

   Sa particularité ? La tresse blonde enroulée autour de la tête, façon paysanne traditionnelle, qui se retrouve à présent dans les défilés des plus grands stylistes. Cette brune naturelle a saisi l’enjeu de l’image et joue de la pureté que lui confère cette coiffure impeccable. Et elle la combine avec des tenues claires pour renforcer le côté stylisé de l’ukrainienne parfaite : le blanc était la couleur symbole de sa campagne présidentielle de 2010.


   Mais la « princesse du gaz » a de multiples facettes : elle peut aussi prétendre au titre de « princesse de la révolution » orange de 2004. Et son engagement transparait encore une fois dans son style. Elle n’hésite pas à arborer un pull où le mot « révolution » se détache en orange sur les manches noires. Audace. Pour affirmer ses positions, pour faire parler ses vêtements même quand elle se tait, l’orange devient à l’époque une composante fréquente de son style.


   Alors que son mouvement s’intitule « la mère patrie », ses tenues s’adaptent à ce nouveau tournant politique et Ioulia Timochenko joue sur la tradition. Ses habits prennent l’allure de costumes paysans folkloriques. Pourtant, si Ioulia en fait beaucoup, ses choix restent toujours pesés et son image ne s’en ressent pas.


   Parmi ses créateurs favoris, la jeune ukrainienne Aïna Gassè. Elle porte une de ses robes au parlement en 2005 et le style est on ne peut plus inhabituel. Les manches en dentelle noire qui rehaussent la coupe stricte d’une robe grise donnent un style chic et osé à une députée qui fait fi des conventions. Et l’effet est retentissant, les journaux internationaux en font le symbole d’un style vestimentaire fort et assumé par une femme politique ambitieuse et déterminée.


  Et c’est cette détermination qui marque l’ensemble de la mode selon Ioulia Timochenko. Elle réussit à s’adapter au milieu dans lequel elle évolue avec une facilité déconcertante : passant du tailleur Vuitton aux tenues chics mais strictes, noire et blanches, elle peut aussi se rendre à un meeting avec des jeunes en jean et sans sa fameuse tresse pour se rapprocher de son public. L’ex premier ministre s’est construit une image et en joue, quand l’art caméléon lui sied comme un gant, il fait surtout oublier un caractère que beaucoup jugent froid et implacable.



Ioulia en tenue décontractée, cheveux lâchés et
 jean pour un meeting avec les jeunes
          
La princesse du gaz en robe noire lors de sa rencontre avec le président Poutine
             
     Le style de Ioulia Timochenko reste à la fois incernable et fortement marquant, attirant les regards du monde entier sur son pays alors même qu’elle aspire à des rapprochements avec l’Occident. La « princesse » ukrainienne laisse parler ses tenues et démontre que leur appel réussit parfois où la voix est restée un murmure.

Blondyn_Bubble 
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vendredi 5 août 2011

Cat Deeley - So She Thinks She Can Dress...




   Cat Deeley, peu connue en France mais célèbre présentatrice de l'émission américaine So You Think You Can Dance vient d’être nominée aux Emmy Awards dans la catégorie « Outstanding Host », Présentatrice Remarquable, rien que ça ! En effet, en plus d’apporter sa fraîcheur grâce à son accent british, à sa bonne humeur naturelle et à son sourire éclatant, Miss Deeley est toujours divinement habillée. Ex-mannequin d’un mètre 75, elle n’a cependant rien à envier aux nouvelles égéries des créateurs. Deux fois par semaine, elle revêt une magnifique robe choisie par ses soins selon son inspiration du moment (la plupart du temps un livre ou un film qui l’a marquée) ainsi qu’une paire de chaussures aux talons vertigineux pour présenter l’émission. Ses cheveux blonds qui lui valent d’ailleurs d’être l’ambassadrice de la campagne de publicité Panthène au Royaume-Uni, sont toujours coiffés avec soin. C’est pourquoi deux fois par semaine, des milliers de modeuses (moi y compris) s’impatientent de découvrir sa nouvelle tenue lorsque la voix off de l’émission annonce «  Now welcome your host, Cat Deeley ! »
Je vous propose donc grâce à cette rubrique de la découvrir et de revenir sur les sept saisons présentées par Cat des huit que compte l’émission So You Think You Can Dance afin de décrypter le look si glamour de Miss Cat Deeley.


Cette année pour la huitième saison de l’émission américaine, deux tendances ressortent des tenues concoctées par Cat Deeley et sa « Glamour Squad ». D’abord une tendance printanière qu’illustre parfaitement la première robe.


Cette robe vintage jaune citron se compose d’un bustier sur laquelle se superpose un top en dentelle à manches courtes, et d’une jupe droite. Sa longueur (juste en dessous du genou) permet de rendre plus mature l’ensemble de la tenue. Les chaussures signées Sergio Rossi sont dorées et ouvertes. L’ensemble parfait donc pour le retour des beaux jours.

Quoi de plus printanier que la seconde robe ? Ses taches de couleurs pastel rappellent un tableau évoquant un arrangement floral par touches de peinture. On notera les poches qui donnent à cette robe un côté décontracté ainsi que les bijoux et accessoires rappelant le style bohème. Mention spéciale pour les chaussures blanches et montantes qui enserrent les chevilles avec deux boucles.



Enfin, la dernière robe est signée Tom Ford. Les cheveux ont été ramenés en arrière pour ne pas charger la tenue mais laisser voir un col officier et des motifs de branches bourgeonnées sur un dégradé de bleu ciel. ; le tout rappelant les cerisiers en fleurs du Japon.


   La deuxième tendance est plus composite mais regroupe des tenues plus flash que l’on prêterait plus volontiers à la présentatrice d’une émission de danse tournée à Los Angeles et diffusée en prime time… 






 …telle que la robe Elie Tahari cintrée par une ceinture noire cloutée. Le rappel est fait par les chaussures qui sont cloutées noires. Les cheveux ont été bouclés afin d’obtenir un effet volume pour un look presque guerrier.



 
Tout aussi brillant mais plus glamour cette robe anthracite aux broderies argentées. Ses cheveux d’ordinaires longs ont été ramenés en carré ondulé  d’où ne dépasse qu’une paire de boucles d’oreille longues Dior pour un look à la Marion Cotillard dont Cat Deeley avoue s’être inspirée.

Car comme je l'ai dit, elle n'a pas de styliste. C'est bien elle qui choisit ses tenues selon son inspiration du moment. On peut donc saluer sa magnifique garde-robe et son talent à assembler des tenues qui savent être appréciées.
So yes, definitely Miss Deeley can definitely dress !

Absolute B.
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